
- De g.à dr., Janet Horner, présidente du Comité de la mobilité et de l’espace public de la ville de Dublin, Angel Lopez Rodriguez, coordinateur général de la mobilité de la ville de Barcelone, Mélina Pusch, chargée de logistique urbaine de la ville de Hambourg, lors de la 5e Rencontre nationale de la logistique urbaine durable Interlud, à Paris le 4 novembre
- Interlud
Dans le cadre de Zones à faibles émissions ou non, les villes européennes partagent une feuille de route commune pour améliorer leur logistique urbaine. La décarbonation des livraisons autour de micro-hubs, consignes, points relais et modes doux reste un défi. Retours d’expériences de Barcelone, Dublin et Hambourg.
La 5e Rencontre nationale de la logistique urbaine durable Interlud, à Paris le 4 novembre, s’est ouverte sur le témoignage de villes européennes. A Barcelone et Hambourg, des stratégies spécifiques ont été élaborées et courent jusqu’en 2030 tandis qu’à Dublin, « la planification s’inscrit au sein du Grand Dublin », précise Janet Horner, présidente du Comité de la mobilité et de l’espace public de la capitale irlandaise. Dans les trois villes, ces documents stratégiques ont été élaborés à l’issue de consultations et travaux menés par des instances et acteurs publics et privés, assortis d’objectifs chiffrés parfois.
Hambourg, par exemple, prévoit de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre de sa logistique urbaine d’ici 2030 par rapport à 2017. « Les modes doux et la multimodalité autour de micro-hubs urbains sont encouragés et encadrés par des règles de circulation spécifiques », confirme Mélina Pusch. Pour la chargée de logistique urbaine dans la ville allemande, l’un des défis principaux pour atteindre la baisse de 40 % est « la rareté du foncier urbain pour des opérations logistiques ».
Transition lente et difficile
Bien que les finalités convergent, la géographie et l’économie locale dictent certaines priorités. Dublin, par exemple, héberge le premier port d’Irlande, qui traite la moitié des flux import-export maritimes du pays, et des industries en cœur de ville comme l’usine Guinness. « Les mesures prises visent à éviter le transit des camions au centre-ville », explique Janet Horner. Souvent conditionnées à la mise en œuvre d’infrastructures, elles consistent à contourner les flux de et vers le port, soutenir le report modal et l’investissement dans des flottes électriques et bas carbone. « Cette transition est lente et difficile », déclare-t-elle toutefois.
Que cela soit le déploiement de micro-hubs et l’électrification des flottes, communs aux trois villes, toutes rencontrent des difficultés « à passer à une échelle significative ».
Ciblage en fonction des flux
Face à ce problème, Barcelone a segmenté les flux composant sa logistique urbaine. « Il est apparu trois grands types de besoins », rapporte Angel Lopez Rodriguez, coordinateur général de la mobilité au sein de la ville catalane : « les flux liés aux échanges BtoB, BtoC et aux services. Ces derniers sont les plus importants et rassemblent les déplacements réalisés par les artisans du bâtiment, installateurs et agents de maintenance ou encore par les réparateurs ». Ciblées, les actions menées sont « plus efficaces » affirme-t-il. Pour les flux BtoC par exemple, « l’effort a porté sur le développement des points relais et de consignes ». Pour les services, « un accompagnement vers l’électromobilité a été proposé ainsi que des dérogations individualisées pour circuler dans les ZFE » mises en œuvre dès 2021 dans la ville catalane.





