
- Découpé en 16 cellules de 5 000 m2 sur quatre niveaux, Green Dock devait initialement être mis en service en 2026.
- Goodman
Le projet de plateforme multimodale de 90 000 m2 sur quatre niveaux développée par Goodman au port de Gennevilliers, à 5 kilomètres de Paris, pourrait ne pas voir le jour.
Les conclusions de l’enquête publique portant sur les demandes d’autorisation environnementale et d’urbanisme du projet de plateforme multimodale Green Dock ont été dévoilées par le maire de Gennevilliers (92). Dans un communiqué du 5 février, Patrice Leclerc indique que la commission d’enquête a rendu un « avis défavorable » sur les deux demandes. Le maire précise que « la commission [d’enquête publique] a estimé que le choix d’implantation, l’échelle et la volumétrie du bâtiment, la lisibilité de ses impacts, les garanties opérationnelles de multimodalité et l’appréhension globale de la phase chantier n’avaient pas été suffisamment étayés. » A cela s’ajoute la « persistance de doutes sur les incidences paysagères et écologiques, notamment en ce qui concerne la dérogation « espèces protégées » et la proximité immédiate de la zone Natura 2000 ».
La mairie n’accordera donc pas de permis de construire à un projet dont la configuration actuelle « ne répond pas aux exigences de préservation environnementale que la ville avait posées comme préalable ».
Du côté de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui doit se prononcer sur la demande d’autorisation environnementale au titre de la législation sur les ICPE et de la loi sur l’eau, une décision dans le même sens ne fait guère de doute. Ce d’autant plus que le maire de Gennevilliers et le préfet des Hauts-de-Seine avaient déjà saisi la mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) d’Île-de-France pour rendre un avis sur le projet et son étude d’impact de janvier 2025 : avis délibéré défavorable également, rendu le 23 avril 2025.
Soutien de la filière logistique
En réaction, le porteur du projet Goodman France déclare analyser « avec une attention soutenue les motifs exprimés par la commission » et relève que « cet avis ne remet pas en cause la poursuite du processus réglementaire », dans une procédure encadrée « conduite sous l’autorité de l’État ». Goodman souligne que « l’avis rendu reconnaît explicitement la conformité du projet Green Dock aux exigences réglementaires applicables, tant en matière d’urbanisme que d’environnement ». Le développeur d’immobilier logistique avait déjà manifesté plusieurs motifs « d’étonnements » face à l’avis de la MRAE dans un mémoire de 80 pages publié en juin 2025.
Largement soutenu par les acteurs de la logistique, au premier rang desquels Haropa qui avait sélectionné Goodman sur appel à projets en 2021, la plateforme Green Dock a déjà été réservée par Stef, DB Schenker et Ceva Logistics qui participent à sa conception.
