
- Avec un millier de sites en propre totalisant 10 Mm2, la logistique contractuelle représente 27 % du chiffre d’affaires de Geodis.
- Geodis - Bechet Benjamin
L’un des objectifs du nouveau plan stratégique de Geodis est d’anticiper la relocalisation des chaînes d’approvisionnement. Présentée le 25 mars, cette feuille de route confirme la trajectoire de décarbonation du groupe. Sa croissance organique sera complétée par des acquisitions ciblées à l’image du transporteur Malherbe en cours.
Avec 10,6 Mds€, Geodis génère un quart du chiffre d’affaires du groupe SNCF. La baisse de ses recettes de 6,2 % l’an passé, due pour l’essentiel à la chute des taux de fret maritimes et aériens, n’a pas affecté sa profitabilité : « nous sommes parvenus à maintenir une marge au même niveau qu’en 2024 (Ebitda/CA à 10,7 %) » indique Marie-Christine Lombard. Lors d’un point presse le 25 mars au siège de Geodis à Levallois-Perret (92), la présidente de son directoire a partagé les grandes lignes de son nouveau plan stratégique 2026-2033. « Au rythme du marché ou plus rapidement », sa croissance organique s’appuiera sur une meilleure rentabilité, la satisfaction client, la digitalisation et la décarbonation « pour construire un leader logistique durable », fixe-t-elle.
Le métier Distribution & Express, qui regroupe l’essentiel de la flotte routière de Geodis, « exploite plus de 700 véhicules à énergies alternatives. Ils représentent 15,6 % de ses livraisons urbaines. L’objectif est d’atteindre plus de 3 000 véhicules à énergies alternatives d’ici 2030 », annonce le groupe. Dès juin 2027, il prévoit de livrer 200 centres-villes avec ces véhicules, soit un doublement par rapport à aujourd’hui.
Croissance externe ciblée
L’intégration de nouvelles sociétés figure aussi à l’agenda du nouveau plan stratégique. L’objectif poursuivi ici est de « compléter notre offre », partage Marie-Christine Lombard. Après s’être renforcé dans la commission de transport international et la douane, à l’origine de 34 % de son chiffre d’affaires désormais, les efforts viseront davantage « les transports terrestres régionaux » en Europe notamment. Le développement des transports terrestres et de la logistique au plan régional vise au moins deux évolutions selon elle : « la progression continue du e-commerce et la relocalisation des chaînes de production au plus près des zones de chalandise ».
Incluant la livraison du dernier kilomètre, les transports terrestres représentent 39 % des recettes du groupe en 2025. Ils sont opérés parfois en synergie avec la logistique contractuelle qui pèse 27 %. Dans ce métier, Geodis recommande à ses clients de créer « des stocks tampons locaux » face aux risques géopolitiques accrus. Les « ventes croisées » entre les métiers sont d’ailleurs un autre levier pour atteindre les objectifs fixés par la feuille de route stratégique.
L’exemple de Malherbe
L’acquisition en cours du groupe de transport Malherbe s’inscrit dans cette stratégie. Elle conforte « la volonté de renforcer notre présence sur le marché français du transport routier de marchandises, d’étendre sa couverture géographique et d’accélérer la montée en puissance des activités routières européennes dans notre réseau », confirmait Geodis lors de l’annonce du projet d’acquisition de Malherbe mi-décembre. Avec 40 agences et une flotte de 1500 moteurs, le transporteur déclare 450 M€ avec de fortes spécialités dans l’agroalimentaire et la grande distribution. Deux filières ciblées par Geodis dans son plan stratégique avec l’aérospatial, la défense et la santé.
En 2025, la zone Europe – Afrique représentait 61 % du chiffre d’affaires du groupe dont la moitié réalisée dans l’Hexagone. Les Amériques pesaient 30 % et l’Asie-Pacifique-Moyen Orient-Océanie 9 %. Animé par 48 000 salariés, le réseau Geodis couvre 166 pays dont 67 en propre où il compte un millier de sites qui consolident 10 Mm2.
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