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Etude
L’Union TLF confirme les tensions de la filière à travers son baromètre

- Union TLF
L’Union TLF publie son baromètre semestriel qui analyse les données statistiques du marché de la logistique et du transport et montre la morosité du secteur en 2025 et en début d’année 2026.
Dans son baromètre du transport et de la logistique paru fin avril, l’Union TLF revient sur la dégradation assez globale du secteur en 2025. L’association, qui s’appuis notamment sur les chiffres du SDES, met en exergue la contraction du fret routier en 2025, fortement accélérée en avril 2026, un léger redressement du ferroviaire tandis que le fluvial recule et le rebond de l’activité logistique.
Cette dernière a augmenté de +1,4 % en 2025, sans toutefois enclencher de reprise. Après un rebond momentané en début d’année, les volumes se sont à nouveau érodés aux trimestres suivants. Le volume annuel d’activité logistique est 5 % inférieur au point haut atteint en 2022. Signe d’un marché en tension, les prix de l’entreposage ont progressé moins rapidement que les charges. Après avoir stagné aux 3e et 4e trimestres 2024, les prix ont rebondi de 1,5 % au 1er trimestre 2025. Ce mouvement s’est inversé en fin d’année : au 4e trimestre, les prix du secteur reculent de 0,9 % en rythme trimestriel et n’affichent plus qu’une progression de 0,3 % sur un an.
Le chiffre d’affaires se redresse modérément (+2,5 %), lié au cumul des effets « volume » et « prix ». La demande d’immobilier logistique de plus de 5000 m2 a progressé de +5% en 2025 et a presque renoué avec ses niveaux d’avant Covid. Elle demeure cependant éloignée de son pic de 2022.
Le transport dans la tourmente
Dans le transport routier, les tonnes-kilomètres des poids lourds français se sont légèrement contractées en 2025 (-0,5 %), malgré un 4e trimestre favorablement orienté (+2,1 % t/t). L’Union TLF recense 2 504 défaillances d’entreprises en 2025 sur le périmètre sectoriel retenu par Ellisphere et 1 768 sur celui d’Altares. En avril, le climat des affaires s’est plus nettement dégradé dans le TRM que dans l’ensemble de l’économie, ce secteur subissant de front la hausse des coûts du carburant. La situation de trésorerie est critique, avec un solde d’opinion tombé à son plus bas niveau depuis la création de l’enquête en 2006, au-dessous des seuils relevés lors de la crise financière de 2009 et du premier confinement sanitaire de 2020.
Le fret ferroviaire a poursuivi son redressement tout au long de l’année 2025, sans pour autant renouer avec ses volumes de 2021-2022. Ses tonnes-kilomètres ont progressé de 6,7 % sur un an, portées davantage par les flux nationaux qu’internationaux. Ses prix demeurent orientés à la hausse (+2,8 %). Côté fluvial la demande de fret est restée basse en 2025. Après un plateau bas de l’été 2024 à l’été 2025, les tonnes-kilomètres fluviales ne se sont que modestement redressées au 2d semestre. En cumulé, elles s’affichent en léger recul sur l’ensemble de l’année (-0,8 %). Les prix des transports fluviaux se sont repliés au 2d semestre.
Dans le transport maritime, les ports français ont retrouvé de l’élan (+2,7 % en 2025), avec des dynamiques contrastées selon les trafics. Les conteneurs EVP ont augmenté de 3,6 % en 2025, le vrac a augmenté de +4,6% tandis que le roulier a baissé de -2,6%. Haropa Port confirme la bonne orientation de ses flux conteneurisés au 1er trimestre 2026, avec un volume de conteneurs hinterland en entrée en progression de 8 % sur un an. Cependant le blocage du détroit d’Ormuz a désorganisé les flux entre le Moyen-Orient, l’Asie et l’Europe, tout en ravivant les risques en mer Rouge. Malgré cela, les taux spot du fret conteneurisé demeurent modérés. Selon le Drewry World Container Index, l’indice mondial atteignait 2 230 $ par conteneur de 40 pieds fin avril, après 2 300 $ début avril et 1 900 $ fin février. L’effet du blocage du détroit d’Ormuz sur les taux de fret semble maitrisé. Les taux récents se sont stabilisés à des niveaux inférieurs aux moyennes de 2024 et 2025. Les surcapacités des compagnies maritimes, combinées au ralentissement de la demande mondiale de fret, restreignent la remontée des taux.
La crise au Moyen-Orient perturbe le transport mondial de fret aérien, alors qu’il avait progressé de +8% sur un an. Sur le périmètre français, le fret aéroportuaire a diminué de -1,1 % en 2025 et reste 10 % inférieur à ses volumes d’avant-Covid. Les prix du fret aérien supportés par les chargeurs français sont modérément remontés au 4e trimestre, affichant une progression de 7,1 % en rythme trimestriel, mais se contractent de 4,7 % sur un an.
Voir en ligne : https://e-tlf.com/app/uploads/2026/...
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