
- L’équipe de l’Union TLF lors de son assemblée générale le 18 juin à Paris
- Union TLF
Missionné par l’Union TLF, le cabinet Asterès a évalué le poids de la filière transport et logistique dans l’économie française mais aussi son effet d’entraînement sur celle-ci. L’empreinte totale du secteur ressort à 3,2 millions d’emplois et à 9 % du PIB pour un chiffre d’affaires de 574 Mds€. Ce travail lance la mobilisation de TLF pour les élections 2027 et sa plateforme collaborative FretLog27.fr.
Le transport et la logistique pèse plus que l’agroalimentaire et trois fois plus que l’hôtellerie-restauration. « Et pourtant notre filière reste largement sous-évaluée dans le débat public », déplore Jean-Thomas Schmitt, le président de l’Union TLF qui tenait son assemblée générale le 18 juin à Paris. Ces affirmations proviennent des conclusions d’une étude réalisée par le cabinet Asterès. A double lecture, elle évalue l’empreinte directe du secteur et ses effets d’entraînement sur le reste de l’économie. Selon cette approche, la filière rassemble tout d’abord « 1,6 million d’emplois, en équivalent temps plein (ETP), et 1,8 million au total, soit 6 % de l’emploi en France », commente Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet Asterès. Selon ses calculs, la filière générerait de façon directe « 267 Mds€ de chiffre d’affaires et 90 Mds€ de valeur ajoutée, l’équivalent de 3 % du PIB ». Près de 44 % des effectifs ETP seraient internalisés dans le commerce, l’industrie, l’agriculture et les services, et 35 % du chiffre d’affaires réalisé.
574 Mds€ !
L’originalité de l’étude porte plus sur les effets d’entraînement de la filière sur l’économie française « méconnus à ce jour », selon Jean-Thomas Schmitt. Ces éléments comptabilisés, l’empreinte totale du secteur s’élèverait « à 3,2 millions d’emplois et 574 Mds€ d’activité soit 9 % du PIB ». Pour arriver à ces résultats, Asterès estime que « chaque emploi direct en soutient un autre ailleurs dans l’économie ». Chaque euro de valeur ajoutée en génèrerait « 1,7 de plus ».
Ces effets multiplicateurs apparaissent aussi en termes de rentabilité. « Une chaîne logistique optimisée présente un retour sur actif plus élevé, de 10,6 %, que les entreprises ayant une chaîne moins performante (entre 5,8 et 7,7 %) », lit-on. Dans ces taux, le cabinet reprend, par exemple, l’impact des ruptures de stock et de la qualité de service.
194 Mm2 pour 67 000 entrepôts
L’une des caractéristiques reconnue du secteur des transports de marchandises et de la logistique est sa dispersion géographique. L’étude le prouve puisque sur les 40 000 établissements recensés dans la filière, 81 % de leurs emplois sont en régions, hors Ile-de-France, contre 73 % tous secteurs confondus. Des emplois durables puisque les trois-quarts des offres de postes y sont proposés en CDI contre 48 % ailleurs. Enfin, 64,2 % des personnes accèdent à un emploi après une formation dans la filière, contre 58 % dans les autres secteurs. Ce taux atteint 79 % chez les apprentis.
Tant et si bien que la part de l’emploi dans les transports et la logistique est significative dans plusieurs départements comme le Loiret (26 %), l’Oise (21 %), l’Essonne (21 %), la Seine-et-Marne (20 %) et le Tarn-et-Garonne (20 %). En volume d’emplois, le podium revient au Nord (137 000) devant les Bouches-du-Rhône (127 000) et le Rhône (111 000).
L’étude recense 67 000 entrepôts qui totaliseraient 194 Mm2. Près de 90 % de ces bâtiments ont une taille inférieure à 5 000 m2.
Indice LPI de la Banque mondiale
S’inspirant de travaux sur l’indice de performance logistique (LPI) de la Banque mondiale (où la France se classe 13e), Asterès souligne que le gain d’1 % de cet indice entraînerait une hausse de la croissance du PIB de 0,14 %. Une amélioration de 10 % de la qualité de service apprécierait le PIB de 2,7 %.
Dans le commerce international de la France, une augmentation de 10 % de l’indice LPI se traduirait par une hausse de 3,5 % des exportations et de 1,5 % des importations. Enfin, l’étude évalue l’impact des investissements dans les réseaux routiers et ferroviaires. Selon elle, une progression d’1 % de ces derniers entrainerait une augmentation comprise entre 0,29 % et 0,31 % des investissements directs étrangers (IDE).
Plateforme collaborative Fretlog27
Forte de ces résultats, l’Union TLF appelle à mieux considérer le transport et la logistique. « Le secteur est un levier de croissance et non une variable d’ajustement budgétaire », martèle Jean-Thomas Schmitt. Pour la soutenir, le président demande « un réalignement des éléments de compétitivité du secteur sur la moyenne européenne a minima ». Pour affiner ce cap en vue des prochaines élections présidentielles, le syndicat lance la plateforme collaborative Fretlog27. Elle a pour but de recueillir des propositions sur la compétitivité, la fiscalité, les entrepôts, les ports et la formation dans la filière.


