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L’Uberisation peut-elle disparaître ?

, par Stratégies Logistique

Le modèle économique promu par Uber fait l’objet de contentieux juridiques dans le monde entier, à commencer par l’Italie et la Grande-Bretagne. Quel impact de la justice sur le modèle économique d’Uber en France ?

En mars 2020, la Cour de cassation française a validé la requalification en contrat de travail du lien unissant Uber à l’un de ses anciens chauffeurs. En Italie, Just Eat, Glovo, Deliveroo et Uber Eats ont écoppé de 733 millions d’euros d’amendes, avec obligation de régulariser la situation de 60 000 livreurs.

Vendredi 19 février dernier, la Cour suprême britannique a rendu une décision qui va dans le même sens : 20 chauffeurs ont obtenu une requalification de leur statut en « worker », assez proche du statut de salarié en France, avec un salaire horaire et des congés payés. Autre changement notable, le chauffeur est maintenant rémunéré dès le lancement de l’application, et non plus à la course.

Livraison de plats ou de colis

Ces décisions, issues des plus hautes juridictions, jettent l’opprobre sur toute une frange d’activités qui se sont développées sur ce modèle, que ce soit pour les courses alimentaires mais aussi des sociétés de livraison de colis à domicile. Est-ce pour autant la fin d’un modèle ?

« Uber et Deliveroo détiennent déjà environ 60% des parts de marché », affirme à FI Grégoire Leclercq, co-fondateur de l’Observatoire de l’ubérisation. « Ils peuvent résister à une augmentation des cotisations sociales, sur lesquelles ils optimisent énormément. Mais ce n’est pas le cas des autres acteurs, qui risquent de disparaître ».

Un passage au salariat n’est pas, selon lui, une solution : cela risquerait d’entraîner non seulement une augmentation du prix des courses mais aussi d’accélérer la monopolisation du secteur par quelques mastodontes. Just Eat a récemment pris la décision d’embaucher 4500 livreurs en CDI.

Nouveaux acteurs

D’autres acteurs, comme Shopopop ou Yper, misent sur une livraison collaborative, avec des courses effectuées entre particuliers et simplement défrayées. « Le principe de l’ubérisation, c’est aussi la précarisation des livreurs. Celui de l’économie collaborative, c’est fournir un complément de revenu à des utilisateurs qui rentabilisent un usage (par exemple un trajet) », indique Johan Ricaut, co-fondateur de Shopopop. Ces autres modèles encore émergents pourraient bien tirer leurs épingles du jeu de la contre-Uberisation. Sans oublier que les modèles de livraison du dernier kilomètre doivent aussi tirer les enseignements de la crise.

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