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Electricité, prochain défi pour l’immobilier logistique

, par Erick Demangeon

La reprise de la demande placée au deuxième trimestre a redonné le sourire aux participants du Logiday 2026, le 15 septembre à Paris. L’électrification des entrepôts est identifiée comme l’un des challenges pour le marché de l’immobilier logistique. Plusieurs aménagements et la collaboration signée entre Afilog et Club Demeter montrent que la filière s’y prépare.

L’électrification des usages est lancée en logistique. Que cela soit pour répondre aux besoins du transport routier ou à l’automatisation des process, l’entrepôt doit s’adapter à ce nouvel environnement sans délai. « Nous avons entre 12 et 18 mois pour renforcer nos capacités électriques sur les sites », estime Armelle Nourry, directrice Immobilier de Kuehne+Nagel France. Réunis lors du Logiday 2026, les acteurs du marché de l’immobilier logistique s’y préparent semble-t-il. A Valence en Espagne par exemple, «  Prologis aménage un hub électrique de 12 500 m2. Il pourra recharger jusqu’à 50 poids lourds simultanément  », témoigne Vincent Sadé, son vice-président France chargé des investissements et du développement. Mené avec PragmaCharge, ce projet représente un investissement de 5 M€. Achevé au premier trimestre 2027, il disposera d’une connexion au réseau électrique sécurisée de 4 MW !

Filière mobilisée

Prologis n’est pas à son premier coup d’essai. En novembre 2025, le groupe s’est associé à TotalEnergies. Ensemble, ils projettent la construction et le déploiement d’un réseau de stations publiques de recharge électrique pour poids lourds et utilitaires en France et en Belgique d’ici 2030. La première verra le jour en région parisienne, au sein du parc logistique de Moissy I Chanteloup à Moissy-Cramayel (77), et servira de modèle aux autres.
Sous l’égide d’Afilog, la mobilisation est lancée. Le 8 septembre, l’organisation a engagé une coopération avec Club Demeter « pour faire de l’électrification des sites logistiques une réalité opérationnelle », flèche un communiqué commun. Le défi identifié et partagé par les deux organisations est « de concevoir les systèmes et outils capables de délivrer massivement de l’énergie aux poids lourds à un coût acceptable ». A l’issue de leurs travaux, un référentiel sur l’électrification des sites logistiques est annoncé ainsi que des démonstrateurs menés en conditions réelles.
En février, la Direction générale des entreprises (DGE) a publié un rapport sur la prévention des risques dans l’électrification des entrepôts logistiques. Son principe général concluait sur «  le maintien d’une distance libre minimale de sécurité de 10 m entre les bornes de recharge et les bâtiments pour lutter contre le risque d’emballement thermique et de départ de feu  ».

Le stockage d’énergie

La mise en œuvre d’un cadre clair est encouragée par Laurent Dubos. Pour le directeur général de Logicor en France, « l’électrification est devenue un élément qui valorise les sites logistiques. Elle est à anticiper en amont des projets pour affiner son modèle économique  ».
Parmi les freins à l’investissement en faveur de cette électrification, Armelle Nourry évoque « l’obsolescence rapide des technologies utilisées ». Le stockage de l’énergie produite sur site est un deuxième enjeu évoqué. Les progrès rapides dans ce domaine devraient soutenir l’autoconsommation. A ce sujet, une clarification des règles, dont ICPE, est souhaitée également.

Un nouveau cycle ?

Sauvée par un deuxième trimestre dynamique, la demande placée en France a terminé le premier semestre entre 1,2 et 1,5 Mm2 selon plusieurs sources (JLL, EOL, CBRE, Arthur Loyd Logistique, BNP Paribas, Cushman & Wakefield). Soit un repli d’une quinzaine de pour cent par rapport à un exercice 2025 déjà en baisse. Selon Cushman & Wakefield, les transactions connues qui ont porté le marché sont Amazon à Ensisheim (68, 190 000 m2) et à Derval (44, 72 000 m2), FM Logistic à Escrennes (45), U Logistique à Magny (89) et ID Logistics à Saint-Léger-Près-Troyes (10). Le Grand Est tire son épingle du jeu devant l’Ile-de-France et les Hauts-de-France.
La vacance moyenne s’élève autour de 7 % désormais avec une offre immédiate supérieure à 5,3 Mm2 soumise à de grandes disparités régionales. Lesquelles rejaillissent sur les loyers qui tendent à se stabiliser néanmoins après les hausses constatées ces dernières années. Sur le front des investissements enfin, le solde semestriel est en berne lui aussi, à 436 M€ seulement contre 1,5 Md€ l’an passé à même époque.
Les analystes présents au Logiday le 15 septembre à Paris espèrent que le regain observé au deuxième trimestre annonce un nouveau cycle de croissance de l’immobilier logistique en France…

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